Définitions

Définition de la maladie de Crohn

DÉFINITION

La maladie de Crohn est une pathologie inflammatoire chronique du tube digestif. Elle peut atteindre n’importe quelle de ses parties, depuis la bouche jusqu’à l’anus, successivement, simultanément ou isolément.

  • Son origine est méconnue (probablement immunitaire). Elle n’est sans doute pas héréditaire, mais on sait qu’il existe des gènes de prédisposition, et que 5 à 15% des personnes atteintes ont au moins un membre de leur famille souffrant de cette maladie. Le risque de transmission à un enfant est très faible (1%)
  • On a compté en 20 ans une augmentation de 5600 nouveaux cas, ce qui montre une nette recrudescence des cas en Europe. La fréquence de cette maladie est de 11 cas pour 200.000 habitants.
  • On estime le nombre de cas en France à 50.000, avec entre 1500 et 2000 nouveaux cas annuels.
  • La maladie de Crohn peut apparaître avant l’âge de 25 ans, avec un pic maximum à 30 ans. Elle atteint rarement l’enfant avant l’âge de 10 ans, mais certains cas d’enfants très jeunes ont pu être retrouvés.

 

CE QU’IL SE PASSE

  • La maladie de Crohn touche avant tout la région terminale de l’intestin grêle, le côlon et la région anale.
  • Elle associe parfois des problèmes oculaires (uvéite) et de dos (spondylarthrite).
  • Elle se traduit par un épaississement de la paroi et des ulcérations de la muqueuse.
  • Sa grande caractéristique, c’est son évolution par poussées avec la prédominance 
  • de la diarrhée comme symptôme.
  • Un diagnostic difficile et retardé en raison de la banalité des symptômes.
  • La cause reste encore mystérieuse (probablement d’origine immunologique).
  • C’est l’adolescent et l’adulte jeune qui sont le plus touchés (de 20 à 30 ans) mais de plus en plus les personnes de plus de 60 ans, voire 70 ans.

 

LES SIGNES PRÉCOCES

  • Une diarrhée aiguë passagère sans raison apparente, mais qui se répète plusieurs fois à quelques jours d’intervalle.
  • Un abdomen tendu avec une sensation de pesanteur.
  • Une digestion difficile inhabituelle.
  • Une douleur abdominale calmée plus ou moins bien par les petits moyens habituels.
  • De la fatigue
  • Une fièvre traînante
  • Les yeux rouges avec des sensations de brûlures oculaires
  • Des douleurs de dos sans notion d’effort.
  • Parfois des lésions de la peau : l’érythème noueux.
  • Des aphtes.
  • Des lésions de l’anus à type de fissures ou de fistules.
  • Et chez l’enfant un retard de croissance.

Au total : un ensemble de signes assez divers, chroniques, parmi lesquels un prédomine : la diarrhée qui survient de jour comme de nuit, faites de selles liquides avec parfois du sang et des sortes de glaires. Ce seul signe suffit à consulter un médecin.

 

CE QUI VOUS AMÈNE À VOIR LE MÉDECIN

Le plus souvent, c’est un ensemble de signes qui finissent par inquiéter :

  • Une diarrhée chronique évoluant par poussées avec perte d’appétit et une perte de poids significative.
  • Un abdomen très douloureux quoi que vous fassiez avec des vomissements et l’arrêt des selles.
  • Un dos douloureux sans raison.
  • Un abcès ou une fissure sur le bord de l’anus.
  • Des troubles de la vision, en particulier baisse de l’acuité visuelle.

AU CABINET MÉDICAL

Rien de bien spécifique dans ces symptômes pour le médecin. C’est ce qui rend le diagnostic de maladie de Crohn particulièrement difficile.

 

Premier cas : Signes peu nets

Les symptômes étant généralement assez banals, il est très fréquent que le médecin donne un simple traitement symptomatique avec des antispasmodiques et des pansements intestinaux et qu’il vous demande de revenir au bout de 15 jours.

Mais les choses ne s’arrangeant pas avec une diarrhée toujours prédominante, évoluant par poussées, le médecin demandera :

  • Soit une radio ou une échographie de l’abdomen et une coproculture qui auront toutes les chances d’être normales ce qui l’amènera à faire une coloscopie qui révèlera la maladie en montrant les irrégularités et les ulcérations de la paroi.
  • Soit une coloscopie d’emblée s’il tique sur des points bien précis comme l’association d’une diarrhée chronique évoluant par poussées à un problème tout autre : d’œil ou de dos par exemple. Cet examen sera complété par une fibroscopie gastrique et un transit de l’intestin grêle.

 

Second cas : signes évidents

Les choses ont le mérite d’être plus claires pour le médecin, et il y a toutes les chances qu’à côté des examens de routine classiques (numération, formule sanguine, vitesse de sédimentation CRP  et coproculture), il fasse pratiquer une coloscopie d’emblée.

 

LA PRISE EN CHARGE THÉRAPEUTIQUE

 

Le traitement médicamenteux est basé sur :

  • Un médicament spécifique : Pentasa, Rowasa ou Dipentum.
  • Un corticoïde pour les poussées en commençant par les formes locales.
  • Un immunodépresseur dans les cas rebelles.
  • Des antibiotiques en cas d’infection
  • L’arrêt du tabac est indispensable car il est réputé pour aggraver la maladie.
  • Les anti TNF Alpha. Ce sont des médicaments déjà testés avec succès dans la spondylarthrite ankylosante et dans la polyarthrite rhumatoïde. Il s’agit d’un anticorps monoclonal, c’est à dire spécifique d’une protéine appelée cachectine ou TNF (facteur de nécrose tumorale). Ce facteur naturellement fabriqué par l’organisme a été mis en évidence au niveau digestif. L’anti-TNF Alpha va se fixer sur ce facteur et en bloquer l’action. Un point reste toutefois important à signaler : le TNF a une action de défense contre les infections ; le blocage de ce facteur anti TNF Alpha risque donc d’ouvrir la voie à des infections (tuberculose ancienne en particulier. La surveillance de toute infection au cours du traitement est alors absolument indispensable.

 

La chirurgie est réservée aux complications de la maladie :

  • Fistule grave.
  • Occlusion intestinale.
  • Perforation intestinale.
  • Hémorragie
    grave
  • Dilatation du côlon.
  • Et les formes réellement résistantes avec délabrement de la paroi.
  • La chirurgie consiste à retirer la portion d’intestin atteinte (intestin grêle ou côlon). On peut être amené à faire un anus artificiel à la peau. Elle est retardée au maximum du fait des récidives

 

La prise en charge psychologique

  • Elle est importante tant au niveau de l’enfant que des familles.
  • C’est là où les associations jouent un grand rôle.

 

LES SUITES

Cette maladie est imprévisible, et peut traîner plusieurs années, avec des poussées plus ou moins sévères. Son risque de cancérisation est sans doute moindre que celui observé dans une maladie “voisine” comme la rectocolite ulcéro-hémorragique.

 

Il est donc préconisé :

  • Un excellent suivi sur le plan psychologique.
  • Une coloscopie tous les ans
  • Les médicaments actuels ne peuvent entraîner une guérison définitive, mais ils permettent de diminuer les poussées.
  • Un certain nombre de critères sont pris en compte pour évaluer la sévérité de la maladie : nombre de selles liquides quotidiennes, importance des douleurs, variation du poids, importance de la fatigue, prise de médicaments contre la diarrhée, hématocrite, etc. Tous ces critères permettent de calculer l’indice de Best. Si l’indice est inférieur à 150, la maladie est considérée comme inactive; au-delà elle est considérée comme active.

 

LES PERSPECTIVES

  • Certains médicaments anti-inflammatoires semblent ouvrir des voies : l’infliximab permettrait de maîtriser la maladie de Crohn dans 50 à 60% de ses formes les plus graves (avec fistules en particulier).
  • La génétique : le chromosome 16 semble porter un gène qui prédispose à la maladie. D’autres recherches se poursuivent sur les chromosomes 3, 7 et 12.
  • L’environnement : la maladie est due à un dérèglement du système immunitaire de l’intestin ; certaines personnes génétiquement prédisposées développeraient plus spécifiquement la maladie à la suite de facteurs environnementaux.

 

CHEZ L’ENFANT

  • Les crises ne sont pas plus sévères que chez l’adulte. Toutefois la stagnation du poids et le retard statural liés à la perte d’appétit et au traitement corticoïde peuvent être un problème.
  • Les symptômes sont parfois invalidants ce qui peut entraîner chez certains enfants une baisse des résultats scolaires. Toutefois, de façon globale les résultats scolaires de ces enfants sont égaux ou supérieurs à la moyenne.

 

VIDÉO DE PRÉSENTATION

Image YOUTUBE

 

 

 

 

Vidéo d’Anne Buisson

 

SOURCE :

Image docteurclic

 

 

 

http://www.docteurclic.com

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