Définition de Sélénium

DÉFINITION DE SÉLÉNIUM

 

On le trouve dans les produits de la mer et les abats. Il a un rôle dans les fonctions antioxydantes et de réparation de l’organisme. Il est employé en oligothérapie dans les affections musculaires et cutanées.

Le sélénium est l’élément chimique, de symbole Se. Ce troisième élément du groupe des chalcogènes est un non-métal. La chimie du corps simple et de ses principaux composés présente une grande analogie avec celle du soufre, mais aussi avec celle du tellure.

 

GÉNÉRALITÉ SUR L’ÉLÉMENT ET HISTOIRE

Le sélénium est un oligoélément et un bioélément, mais à très faible dose. Il est toxique (voire très toxique sous certaines formes) à des concentrations à peine plus élevées que celles qui en font un oligoélément indispensable à la diète animale. Il n’a pas d’effet majeur sur les pathologies, mis à part les graves intoxications aux métaux lourds. Le soufre et le sélénium sont très souvent interchangeables, mais aucunement dans le rôle nutritif sélectif du sélénium. Les territoires du globe terrestre pouvaient être caractérisés par le taux moyen de Se dans le sang humain dans les années 1990, il existait des zones riches et pauvres selon ce critère, le Venezuela figurant en tête avec 0,8 µg/L et l’Égypte avec 0,07 µg/L.

Le sélénium a été découvert par les chimistes Jöns Jacob Berzelius (1779-1848) et Johan Gottlieb Gahn en 1817 dans la matière boueuse subsistant dans la “chambre de plomb” d’une usine proche de Grispholm, proche lors de la préparation industrielle ancienne d’acide sulfurique. Les éléments sélénium et tellure, qui étaient associé dans ce milieu réactionnel, résultat du grillage des pyrites, ont été découverts respectivement au début du xixe siècle et à la fin du xviiie siècle.

Le tellure a reçu le premier son nom, du mot latin tellus signifiant la terre, le globe terrestre. Comme le sélénium lui ressemble, a des propriétés chimiques analogues et lui est toujours associé dans les minerais, comme le sont la Terre et la Lune, on lui a donné un nom dérivé de Σελήνη (Selếnê) ou σελήνη (selênê), mot gréco-latin désignant la Lune, satellite de la Terre, et accessoirement Séléné, déesse de la Lune.

 

DÉTECTION ET QUANTIFICATION ANALYTIQUE

Pour les tissus musculaires, l’échantillon est traité par digestion acide des tissus biologiques en milieu très oxydant. Le nitrate de magnésium permet l’oxydation complète de la matière organique et stabilise le Sélénium. Ensuite, pour passer du Se(6) à Se(4) il faut rajouter du HCl(aq). Le sélénium est ensuite transformé sous sa forme hydrure (H2Se) avec du borohydrure de sodium (NaBH4) en milieu acide. À ce point, l’hydrure est chauffé en sélénium élémentaire. Finalement, l’étalonnage est fait par spectrophotométrie d’absorption atomique10.

 

PHARMACOLOGIE ET NUTRITION

Le sélénium est un oligo-élément constituant des sélénoprotéines dont fait partie le principal antioxydant intracellulaire, la glutathion péroxydase15. On en trouve dans les rognons de porc ou de bœuf, l’ail, le poisson et les mollusques. La nutrition occidentale satisfait largement les besoins quotidiens en cet élément16 mais il est impossible de prédire les concentrations corporelles de sélénium à partir de l’apport nutritionnel parce que son utilisation et sa rétention sont dépendantes de la présence d’acide folique, de vitamine B12 et négativement affectées par la présence d’homocystéine17.

Le sulfure de sélénium est employé comme traitement en dermatologie, en raison de son action fongicide, par exemple dans le traitement des pellicules grasses.

La consommation quotidienne de sélénium (200 µg) pourrait diminuer le risque de survenue de plusieurs cancers18 (dont ceux de la prostate et du côlon). Cela n’a cependant pas été confirmé19. Par contre, un taux sanguin de sélénium trop important pourrait augmenter le risque de cancer20. L’addition de sélénium au régime diminue la cancérogenèse induite chimiquement chez les rongeurs21. Dans ces études, les composés organiques du sélénium sont plus efficaces et moins toxiques que les sels de sélénium. Les composés organiques testés sont les sélénocyanates, la sélénométhionine, la noix du Brésil (riche en sélénium), l’ail et le brocoli cultivés sur sol riche en sélénium.

Il existerait également une diminution de la fréquence des maladies cardio-vasculaires. Il diminuerait le taux de cholestérol sanguin, en augmentant légèrement la fraction HDL22. Le sélénium participerait au maintien des défenses immunitaires (il diminuerait en particulier la charge virale chez les patients porteurs du VIH23), à la fonction thyroïdienne.

L’effet favorable d’une supplémentation alimentaire sur le plan cardio-vasculaire et métabolique ne serait observé que chez les individus présentant un faible stock de sélénium, tandis que la supplémentation serait au contraire toxique chez les sujets non carencés en sélénium24.

Pour résumer, à chaque fois qu’une pathologie est susceptible d’entraîner une production accrue de radicaux libres provoquant des lésions des cellules et une augmentation de médiateurs inflammatoires tels que les cytokines, le sélénium est susceptible de jouer un rôle protecteur. Cet effet serait dû à des enzymes, les glutathion-peroxydases dont certaines sont des séléno-protéines, c’est-à-dire dont le site actif comprend l’acide aminé sélénocystéine25. Par contre, aucun effet sur la mortalité n’a été démontré26.

 

EFFETS SECONDAIRES

Le sélénium est toxique à trop forte dose. Il peut entraîner des nausées, des diarrhées, une fragilisation des ongles, la perte des cheveux ou de la fatigue. Les recommandations américaines indiquent une dose quotidienne maximale à 400 µg/jour, or la supplémentation atteint facilement 200 µg/jour, en plus de l’apport nutritionnel, ce qui expose à un risque de surdosage16.

Les études sur les animaux semblent montrer que des personnes qui prennent de fortes doses de suppléments de sélénium, sur une longue période, voient leur risque de diabète de type 2 se majorer un peu27.

 

TOXICOLOGIE, ÉCOTOXICOLOGIE

Le sélénium métallique est un élément trace essentiel (qui semble notamment limiter les risques de cancer de la prostate) mais nombre de ses composés sont extrêmement toxiques et sa dose toxique pour l’Homme est très facilement atteignable (400 µg/jour)30. Il n’est donc pas recommandé d’en prendre sous forme de supplément alimentaire, mais de consommer des aliments en contenant naturellement (champignons, foie, crustacés, etc.).

Il est plus toxique sous forme d’oxyanions séléniate (plus rare) et plus encore sous forme de sélénite (forme soluble, hautement toxique et bio-assimilable du sélénium, qui est la forme du sélénium la plus courante dans l’environnement).

 

NOTE ET RÉFÉRENCES

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SOURCE :

Image Wikipédia
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